Bonjour,

Après vous avoir présenté la famille CABOT à la ferme de Calais, nous allons désormais nous intéresser aux 3 premiers des 12 enfants d'Albert et Albertine : Augustin, Léon et Jules.

 

Ils ont participé à la Grande guerre, dès le 2 août 1914 pour Augustin et Léon, et en 1915 pour Jules.

 

Aujourd'hui, nous étudierons le parcours de Léon, le 2ème fils, puisqu'il n'a pas participé longtemps hélas à ce conflit : il est tombé dans le petit village de CHUIGNES, à environ 30 kilomètres d'AMIENS (80), le 25 septembre 1914.

 

Tout d'abord nous avons sa photo (merci à René Vittecoq)

2012-10-17 21

Caporal Léon CABOT, né en août 1893 il y a 120 ans...

 

Ensuite sa fiche matricule (source : Archives départementales de la Seine-Maritime)

 CABOT Léon fiche matricule

 

Puis les documents relatant le parcours du 37ème régiment d'infanterie le 25 septembre 1914 (sources : BDIC Nanterre - Historique du 37ème Régiment d'infanterie)

 

CABOT Léon 25 sept 1914 Chuignes

 

L'extrait du journal de marches des opérations du 37ème régiment d'infanterie (source : Service historique de la Défense)

SHDGR__GR_26_N_612__009__0019__T

Vous remarquerez que nous avons peu de détails sur cette journée.

 

Alors nous allons regarder le journal de marches du 2ème bataillon de chasseurs à  pied (2è BCP) qui était aux côtés du 37è RI :

2E BCP SEPTEMBRE 1914

2E BCP SEPTEMBRE 1914 PAGE 2

2E BCP SEPTEMBRE 1914 PAGE 3

 

Et le résumé nous est fourni par la Bibliothèque nationale de France (BNF) qui a numérisé "Les armées françaises dans la Grande guerre" sur son site Gallica : annexe 1233 (page 117) : cliquez sur le petit rectangle au centre, en bas de l'image et patientez quelques secondes. Il vous suffira ensuite de zoomer avec la loupe à gauche pour agrandir :

 

 Nous comprenons mieux ce qui s'est passé... Beaucoup de pertes ce vendredi 25 septembre 1914.

Et pour mieux visualiser le début du conflit, voir la cartographie au jour le jour, près d'Amiens : le 37ème RI appartenait à la 11e DI, 2e CA, en cliquant ici. Superbe travail réalisé par Jean-Michel Martin.

 

Les lieux, aujourd'hui :

Le village de CHUIGNES

2013-04-01 13

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Nous lisons 37e et 2e BCP

 

Selon le service chargé des nécropoles de BRAY SUR SOMME, les ossements retrouvés aux alentours de CHUIGNES ont été rassemblés à l'ossuaire de la nécropole nationale de DOMPIERRE-BECQUINCOURT, située à quelques kilomètres de là :

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DOMPIERRE BECQUINCOURT NN

DOMPIERRE BECQUINCOURT 80 Ph 1

DOMPIERRE BECQUINCOURT Ph

2013-04-01 13

DOMPIERRE BECQUINCOURT

 Nous avons aussi des éléments sur le village de CHUIGNES après cette bataille, en novembre 1914.

Il s'agit du témoignage du sergent Frédéric BRANCHE, du 99ème régiment d'infanterie qui a stationné au village : voici le lien vers un site indispensable :  "chtimiste" (voir au 23 novembre 1914). Merci à Didier pour la mise en ligne. On peut trouver une quinzaine de photos de ce régiment sur le même site : chtimiste, choisir photos, infanterie.

 

Le village a beaucoup souffert de la bataille appelée après guerre "La course à la mer".

Le régiment de Léon appartenait à la division de Fer.

Ci-dessous : un plan des tranchées de CHUIGNES, mais en 1916 :

CABOT Léon tranchée Chuignes

 Par simple curiosité, nous avons feuilleté aux archives départementales de la Somme le dossier concernant les dommages de guerre de cette commune : évaluation des dégâts, plans, coûts, indemnités aux familles, aux propriétaires etc...

Même les arbres devaient être remboursés par l'Allemagne : 462 souches d'arbres qui appartenaient à la commune ! De même dans les écoles, les tableaux aux murs : tout !

L'église et le cimetière ont également été touchés. En 2012, l'Allemagne vient seulement de finir le remboursement des dommages.

 

Conclusion concernant Léon :

La famille disait qu'il était disparu. Nous savons maintenant où sa dépouille a été transférée.

Nous connaissons désormais les circonstances dans lesquelles il est tombé.

Une fiche sur le site Mémorial genweb est consacrée à Léon : c'est ici

Pour finir, voici un extrait de l'ouvrage "La division de Fer" :

"Le général COLIN avait mesuré l'étendue de leurs sacrifices lorsque, le jour de son entrée à Metz en novembre 1918, il avait demandé que l'on fit sortir des rangs d'un régiment les anciens qui avaient quitté Nancy en 1914 avec lui, et qu'il s'en était avancé trois seulement".

 

Le prochain message sera consacré à Jules, qui est parti à la guerre en 1915.

Bonne lecture et à bientôt !

MHC