Février 1916 :

Augustin, qui se trouve à Vienne-le-Château, en forêt d'Argonne, plus précisément secteur St-Hubert-Marie-Thérèse, entend les bombardements  des Allemands sur Verdun. Nous le savons par le témoignage d'Elie B, soldat au 7e régiment d'infanterie. Voici ce que ce dernier écrit à ses parents le 29 février 1916 : 

 

"Bien chers parents

C'est dans une cahute en 3ème ligne et assis près d'un bon feu que je vous écris ces quelques lignes. Aujourd'hui il a fait beau. Le soleil nous a visité, ce qui nous a réjouit un peu car depuis quelques jours il ne faisait que tomber de la neige. Maintenant ici les nuits sont très froides ; aussi, étant donné que le bois ne manque pas, chaque soir, à la tombée de la nuit, quand la fumée ne peut plus être visible, nous allumons un bon feu qui nous ranime et nous allège les dures souffrances qu'est le froid.

Pour le moment le secteur est assez tranquille mais il n'en est pas de même partout. Depuis quelques jours déjà le canon tonne jour et nuit sans relâche au côte de Verdun.

Il doit se passer des choses bien terribles. Depuis 2 jours le bombardement en Champagne a repris aussi. C'est vous dire que de tout côté ce n'est qu'un roulement terrible.

Il parait que les boches ont attaqué à Verdun avec des forces formidables. Ils auraient même avancé a-t'on dit ? Comme résultat officiel nous n'en savons rien car les journaux ne nous sont pas parvenus depuis 3 jours. Il y a de la casse ce qu'il y a de sûr car un cycliste qui vient aujourd'hui de Ste-Ménéhould nous a dit que de nombreux trains de blessés étaient assis en gare et qu'en autres il avait vu 5 trains de blessés boches".

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Pour information, le secteur d'Augustin et d'Elie se situe à environ 60 kms du secteur de Verdun.

Voici les positions sur une carte de France : parcours en bleu, du point A au point B

 

A suivre...